Bonus/Malus 2020 : Les nouvelles règles du jeu

Les principales mesures

Depuis le 1er janvier 2020, un nouveau barème du bonus/malus automobile s’applique (article 69 de la loi de finances pour 2020).

Le seuil de déclenchement du malus (taxe à payer lors de l’immatriculation de certains véhicules particulièrement polluants.) est passé de 117 grammes de CO2/km à 110 grammes de CO2/km.

La dernière tranche du barème a été abaissée avec un malus qui s’élève désormais à 20 000 € pour les véhicules ayant un taux de CO2 supérieur à 184 grammes par kilomètre (en 2019, le tarif maximal du malus était fixé à 10 500 € pour les véhicules à taux d’émission supérieur ou égal à 191 grammes de CO2 par kilomètre). Les familles nombreuses (au moins 3 enfants à charge), ainsi que les personnes à mobilité réduite continuent en 2020 de bénéficier, sous certaines conditions, d’une minoration de ce malus.

Dans le même temps, l’application du bonus, toujours réservé aux voitures électriques, sera revue. Désormais, le montant dépendra du prix d’achat. En-dessous de 45.000 €, le montant du bonus sera toujours fixé à 6.000 €, plafonné à 27 % du prix d’achat. Pour un modèle dont le prix d’achat est compris entre 45.000 € et 60.000 €, l’aide est limitée à 3.000 €, alors que les modèles à plus de 60.000 € ne bénéficieront plus d’aucune subvention.

À noter : Le 1er mars sera mis en place la nouvelle méthode de mesure des émissions de dioxyde de carbone avec le passage à la norme WLTP (Worldwide Harmonized Light Vehicles Test Procedures). Le seuil de déclenchement du malus passera de 110 g/km à 138 g/km et s’appliquera aux véhicules de tourisme neufs immatriculés à partir de cette date

Quelques réactions de nos responsables commerciaux

L’Audi e-tron perd son bonus en raison de son prix

Didier Ricca (responsable des ventes Audi/Aix-en-Provence)

Il est encore un peu trop tôt pour avoir des retours en grand nombre de nos clients. Néanmoins, je pense que ces nouvelles dispositions vont toucher une vingtaine de véhicules de la gamme. Notamment nos modèles hyper sport, les RS3, RSQ3, RS4, et RS5 dont les tarifs peuvent s’échelonner de 70 000 à 120 000 euros. Sur ces véhicules, autant nos clients seraient prêts à rajouter 20 000 euros d’options, autant leur réclamer la même somme pour une  taxe peut les faire réfléchir.

En fait, je crois que le plus pénalisant sera pour nos modèles les plus classiques, par exemple pour un Q3 Sportback 190 ch. Ce véhicule vendu environ 60 000 euros va voir son malus passer de 600 à 6000 euros !

L’Audi e-tron full électrique lancé en avril dernier perd son bonus de 6000 euros, en raison de son prix.

Mais Audi ne reste pas inactif et semble déjà se diriger vers l’hybridation puisque, en fin d’année, viennent de sortir 5 modèles hybrides rechargeables : A6, A7, A8, Q5 et Q7 qui ne seront pas ou très peu impactés par ces nouvelles dispositions.

Aurélien Bagnis (responsable des ventes Toyota/Aix-en-Provence)

Toyota est le seul constructeur dont la totalité de la gamme hybride n’est pas impactée par le malus écologique. Comme annoncé récemment par Johan Van Zyl, patron de Toyota Motor Europe : « Nous allons encore augmenter notre mix électrique avec le lancement, au cours des 5 ans à venir, de plus de 25 modèles hybrides (nouveaux ou renouvelés), d’au moins un modèle PHEV (hybride rechargeable) par an et d’au moins 10 véhicules «zéro émission» (à batterie ou à hydrogène)».

La posture vertueuse de Toyota en matière d’environnement passera en effet par le développement de véhicules à pile à combustible (hydrogène). La seconde génération de la Toyota Mirai sera commercialisée en fin d’année, elle devrait offrir environ 600 km d’autonomie sur un seul plein.

Enfin, n’oublions pas l’arrivée en concession en milieu d’année de la nouvelle Toyota Yaris Hybride ; la plus française des japonaises célèbre ses vingt ans de carrière avec cette quatrième génération. Pour réduire sa consommation et ses émissions de CO2, en ville notamment (on parle de 63 g/km), la japonaise reçoit un 3 cylindres 1,5 litre, associé à une batterie lithium-ion. Développant 114 ch cumulés, cette motorisation permet de rouler en électrique sur autoroute, à vitesse stabilisée. Si des versions essence seront également proposées, le diesel n’aura plus le droit de cité sur la Yaris.

Toyota Mirai 2 : l’avenir passera par l’hydrogène
L’ID.3, le full électrique de Volkswagen

Julien Capitta (responsable des ventes MVA/St Victoret et Martigues)

Chez Volkswagen, nous considérons ces nouveaux barèmes à 2 niveaux. D’une part, depuis le 1er janvier, le malus concerne les véhicules émettant 110 gr de CO2/km (117 gr en 2019), ce qui va impacter le plus grand nombre de véhicules de la gamme. L’autre problématique sera l’application, dès le 1er mars, de la norme WLTP; l’impact-malus risque d’être très important surtout sur la quasi totalité de la gamme SUV (T-Roc, Tiguan, Tiguan Allspace ou Touareg). Certaines de ces motorisations seront appelées à disparaître dans les mois à venir.

A l’inverse, ces nouvelles mesures sont susceptibles de favoriser le retour des berlines et des compacts de la gamme. Un avantage pour nous avec la sortie en mars prochain de la très attendue Golf 8, annoncée en version hybride et des versions intégrant une micro-hybridation, de manière à réduire les rejets de CO2.

Sans oublier, bien sûr, la commercialisation pour la fin du 1er semestre 2020 de la ID.3. Ce nouveau modèle sera proposé aves des batteries de 45 kWh, 58 kWh ou 77 kWh pour des autonomies de 330 et 550 km (cycle WLTP). Ce modèle développera 204 ch, d’autres puissances seront proposées ultérieurement.

En attendant et face à de nombreuses incertitudes, certains de nos clients seraient tentés d’acquérir des véhicules récents en stock et immatriculés en 2019. Mais, l’attentisme est plutôt l’état d’esprit dominant…

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